Le Trading sur Carnet d'ordres

February 8, 2017

Le trading sur carnet d'ordres est une des stratégies les plus utilisées en scalping. Celle-ci est appliquée par beaucoup de traders notamment sur les marchés de Futures, que ce soient sur les contrats sur Indices action, sur les matières premières ou sur les devises.

Dans cet article, nous analyserons deux carnets d'ordres : celui du contrat Future FDax sur l'indice Dax et celui du contrat Future 6E du CME sur l'EUR/USD.

Nous chercherons à savoir, comment ils sont construits et surtout, s'il est pertinent de les utiliser pour faire du trading intraday et notamment du scalping.

 

Tout d'abord, chaque marché étant différent, il est important d' analyser les particularités de chaque sous-jacent pour bien comprendre l'efficacité du carnet d'ordres du contrat dérivé.

En effet, la première question à se poser avant de trader est :

 

Est-ce que le carnet d'ordre présent devant mes yeux, représente la totalité des ordres de ce marché ?

Autrement dit, suis-je en train de regarder quelque chose de représentatif des flux traités ou bien suis-je devant un miroir aux alouettes ?

Car le principe d'un contrat Future c'est  d'être un contrat dérivé, c'est-à-dire dérivé d'un sous-jacent qui se traite sur un autre marché.

 

Le carnet d'ordres sur les contrats Futures sur indices actions

Regardons l'indice Dax car beaucoup de traders individuels font du scalping sur les contrats Futures sur le Dax. Mais, ce sont-ils posé au moins une fois, la question suivante ?

"Y a-t-il plus de volume traité sur les actions elles-mêmes que sur le contrat Future qui en dérive ?"

En effet, ce serait un peu "balo" de suivre un carnet d'ordres qui en fait, est dirigé par son sous-jacent dont les volumes sont nettement plus conséquents.

Le Dax est, avant tout, un indice composé de 30 actions de sociétés allemandes, qui sont négociées tous les jours sur un carnet d'ordres sur la place boursière Xetra.

 

La Deutsche Börse reporte qu'au mois d'août 2016, 2,5 milliards d'euros s'échangeaient en moyenne quotidiennement sur les 30 valeurs du Dax.

Sauf que depuis la mise en place de la directive européenne MIFID, les places boursières sont maintenant toutes concurrencées par des plateformes  alternatives MTF. Ainsi, les volumes traités sur les actions du Dax à la Deutsche Börse, ne représentent plus que 65 %. C'est donc en réalité plutôt 3,8 milliards d'euros qui changent de mains quotidiennement sur les actions du Dax.

 

 

Concernant le contrat Future FDax, Eurex indique que le volume quotidien moyen était de 22,6 milliards d'euros. Soit 5,9 fois plus !

Donc, oui, étant donné la grande différence de volumes entre les 2 marchés, on peut supposer qu'il y a de fortes chances que le contrat Dax Future soit le plus souvent, le marché directeur et que donc son carnet d'ordres soit un bon indicateur des ordres en présence.

 

Le carnet d'ordres sur les contrats Futures de devises

Regardons maintenant le carnet d'ordres du contrat Future sur l'EUR/USD coté sur le CME à Chicago.

Au mois d'avril 2016, les volumes quotidiens moyens étaient de 35 milliards USD sur ce contrat, selon le CME. Or, à cette même date, la BRI* avait collecté les volumes traités en OTC** auprès de 1 300 banques dans le monde. Elle a trouvé, rien que sur la paire EUR/USD, 1 172 milliards USD échangés chaque jour en spot !

Autrement dit, lorsque vous regardez les volumes sur le contrat Future EUR/USD du CME, vous êtes dans un monde... 33 fois plus petit que la réalité ! Vous pourrez ainsi très bien constater un carnet d'ordres avec une majorité écrasante d'ordres à la vente sur le contrat Future alors qu'en réalité ce pourra être totalement l'inverse sur l'OTC !

Il est donc plus que probable que ce soit en réalité le contrat Future qui suive les cotations sur l'OTC et non pas l'inverse.

 

*BRI : Banque des Réglements Internationaux.

** OTC : Over The Counter, le Forex est coté non pas sur une bourse, mais sur autant de places qu'il y a de banques, de plateformes ECN, etc.

 

Courtier permettant le trading des contrats Futures

 

Bon, alors si ça, ça ne marche pas, certains traders m'ont dit que pour le Forex, il faut surveiller les ticks et notamment l'indicateur "tick volume"  disponible sur la plateforme Metatrader. Explorons cette solution...

 

Qu'est-ce que le "tick volume" ?

Afin de voir s'il est pertinent, voyons comment cet indicateur est construit...

 

Créé par un certain Monsieur William Blau, à l'origine pour les marchés de Futures, cet indicateur regarde la différence entre les ticks à la hausse et les ticks à la baisse. Il oscille au-dessus ou en dessous de zéro et génère ainsi des signaux à l'achat ou à la vente.

 

Mais d'où proviennent réellement les volumes sur les plateformes Forex ?

Bien souvent, les volumes correspondent uniquement à un simple compteur du nombre de cotations affichées par votre courtier. C'est ce que vous trouverez sur les plateformes Metatrader.

Et si c'est un market-maker comme l'écrasante majorité d'entre eux l'est, c'est en fait lui-même qui recrée un spread bid-ask  pour ses clients. 

Pour vous convaincre, voici un schéma provenant du courtier Gain Capital*** qui explique la façon dont il construit son spread bid-ask à partir d'un cours central calculé en fonction des cotations qu'il a reçues de ses fournisseurs de liquidités (banques, ECN, etc.).

 

"In order to make a market in a particular currency pair, we continuously identify the mid-point price between the available “best bid” and “best offer” quotes for each currency that we receive from our wholesale forex trading partners, and generally in less than one second, publish as our dealable spread quoted to our customers. Depending on the currency pair being traded, the dealable spread recognized by us over the mid-point price is typically between 2 and 5 basis points ($0.0002 — $0.0005), or pips, which reflects a trading spread generally available only to large institutional customers of major banks."

 

Explication du spread bid-ask appliqué au clients par Gain Capital ***,  dans la notice envoyée à la US Securities Exchange Commission, lors de son introduction en Bourse en 2009.

 

Concrètement, vu que le courtier reconstruit les spreads, c'est aussi lui qui décide à quels intervalles de temps, il va envoyer des nouvelles cotations à ses clients.

Donc évidemment, le nombre de ticks envoyés par jour peuvent, suivants les courtiers, varier facilement de 1 à 10, voire plus !  En clair, les volumes d'un courtier Market-maker ne reflètent en rien les volumes réels que lui montrent ses fournisseurs de liquidité.

 

***Gain Capital est le 3ème plus gros courtier Forex aux USA, mais suite au retrait de la licence US à FXCM par la CFTC, Gain est devenu, de facto, le 1er courtier Forex aux USA.

 

 

Finalement, il vaut mieux trader sur le carnet d'ordres sur le contrat Future du Dax, n'est-ce pas ?

Et bien, non car le gros problème, c'est qu'il manque tout simplement beaucoup d'ordres dans un carnet : les ordres stoploss !

Et c'est bien normal qu'ils n'apparaissent pas, car ceux-ci représentent le plus souvent, le niveau où les traders sont en perte. En fait, les ordres stoploss sur les contrats Futures ne sont JAMAIS transmis à la bourse et sont gardés chez le courtier, tant que la condition "Last traded = Stop if Bid" ou "Last traded = Stop if Ask" choisie par le trader n'est pas remplie.

Sauf qu'à certains niveaux, la quantité de stoploss qui va se déverser soudainement en "ordres au marché", va largement surpasser les ordres limites que vous voyez